Qu'est-ce qu'une viande grasse ?
« Pourtant Madame Lecocq, je ne mange quasiment jamais gras ! »
Cette phrase, je l’entends très régulièrement en consultation. Et généralement, la personne est sincèrement convaincue de ce qu’elle me dit.
Alors on ouvre son carnet alimentaire. Et oui, si je demande de noter ce que l’on mange dans un premier temps, c’est parce que c’est un véritable game changer.
Le carnet alimentaire : le moment de vérité
Prenons un exemple concret, celui d’une semaine type :
- Lundi : steak haché
- Mardi : poulet
- Mercredi : deux saucisses
- Jeudi : boulettes sauce tomate
- Vendredi : poisson
- Samedi : repas chez les beaux-parents
- Dimanche : côte de porc
Je relève alors la tête, un peu perplexe. Les viandes grasses sont bien notées dans le carnet, mais les patients oublient fréquemment d’aller les vérifier, tant ils sont certains de leur coup.
« Vous savez que cette semaine, vous avez quand même mangé plusieurs fois des viandes relativement grasses ? »
Silence. Puis ce regard que je connais très bien.
« Lesquelles ? »
Et c’est généralement à ce moment-là que je réalise que nous n’avons absolument pas la même définition du mot « gras ».
Parce que pour beaucoup de personnes, une viande grasse, c’est une énorme entrecôte avec une bande de gras blanc bien visible sur le côté.
La saucisse ? « C’est de la viande. » Le haché ? « Je le cuis sans matière grasse. » Les boulettes ? « Elles étaient faites maison. »
Et ma préférée : « Le gras de la côte, je ne le mange pas. »
Bienvenue dans le monde des graisses que l’on ne compte pas, parce qu’on ne les voit pas forcément. Et pourtant, elles comptent exactement pareil.
Alors, une viande grasse, c'est quoi exactement ?
Il n’existe pas une ligne magique à 10 g de lipides qui ferait basculer un aliment d’une catégorie à l’autre.
Mais pour donner un ordre de grandeur : certaines viandes maigres tournent autour de 2 à 5 g de lipides pour 100 g, alors que certaines pièces ou préparations peuvent facilement apporter 10, 15, 20 g de lipides pour 100 g, voire davantage.
Et c’est là que ça devient intéressant. Imaginez deux assiettes :
- Assiette n°1 : 150 g d’une viande à 3 g de lipides pour 100 g
- Assiette n°2 : 150 g d’une viande à 20 g de lipides pour 100 g
Même portion. Même place dans l’assiette. Même impression d’avoir mangé « une viande, des légumes et des féculents ».
Sauf que dans la première assiette, on parle d’environ 4,5 g de graisse provenant de la viande. Dans la deuxième, on grimpe à 30 g.
Comme 1 g de lipides apporte environ 9 kcal, cela représente plus de 200 kcal de différence, uniquement via la graisse contenue dans la viande. Et le tout, sans avoir mangé un gramme de viande supplémentaire.
Pourquoi on sous-estime autant les viandes grasses
On sous-estime énormément l’impact des viandes grasses lorsqu’on cherche à perdre du poids. Pas parce qu’elles seraient « mauvaises », mais parce qu’elles sont plus denses énergétiquement qu’on ne l’imagine.
Le biscuit, vous savez qu’il est calorique. La pâtisserie, vous le savez aussi. Les frites, également.
Mais deux saucisses dans une assiette avec des haricots et des pommes de terre ? « J’ai mangé équilibré. » Et pourtant.
Techniquement, votre assiette contient bien des protéines, des légumes et des féculents. Sauf que votre cerveau regarde surtout le volume de l’assiette. Votre organisme, lui, reçoit aussi l’énergie qu’elle contient.
Et lorsque ces choix reviennent plusieurs fois par semaine, la différence finit par compter. D’autant qu’une viande grasse arrive rarement seule à la fête :
- deux saucisses, plus matière grasse de cuisson, plus sauce
- un burger de bœuf gras, plus fromage, plus sauce
- une côte, plus beurre à l’ail
Et tout à coup, le repas que vous considériez comme « tout à fait normal » est beaucoup plus énergétique que votre filet de poulet, pommes de terre, légumes et huile d’olive.
Quelles viandes sont concernées ?
Parmi les choix généralement plus maigres, on retrouve par exemple le poulet et la dinde sans peau, le filet de porc ou filet mignon, le veau maigre et certaines pièces maigres de bœuf.
À l’inverse, on sera davantage attentif à la fréquence des saucisses, merguez, hachés riches en matières grasses, certaines boulettes et préparations, côtes et travers, certaines pièces persillées de bœuf, morceaux plus gras d’agneau, ou encore le canard avec peau.
Une précision importante : viande rouge n’est pas synonyme de viande grasse. Un morceau maigre de bœuf peut contenir beaucoup moins de lipides qu’une saucisse de volaille. On regarde donc le morceau et sa composition, pas simplement l’animal dont il provient.
La règle Renai'Sens : viande grasse, environ une fois tous les 15 jours
Ce n’est pas parce qu’au quinzième jour votre saucisse devient soudainement acceptable d’un point de vue métabolique. Et ce n’est pas non plus parce qu’il faudrait supprimer les graisses. Au contraire, nous avons besoin de lipides.
Mais puisque notre alimentation ne peut pas en apporter à l’infini, autant choisir la plupart du temps des sources intéressantes nutritionnellement : huile d’olive, noix et graines, avocat, poissons gras. Et garder les viandes les plus grasses comme des aliments plus occasionnels.
C’est un repère utilisé dans notre méthode Renai’Sens, que nous adaptons évidemment à chaque personne, et non une fréquence médicale universelle.
Vous souhaitez un accompagnement personnalisé pour revoir vos habitudes alimentaires sans frustration ?
Non, un aliment isolé ne fait pas grossir
Soyons également très clairs sur un point : une saucisse ne fait pas grossir. Pas plus qu’un avocat, du chocolat, des pâtes ou du pain.
Ce qui favorise une prise de graisse corporelle, c’est notamment un excédent énergétique répété dans le temps. Mais certains aliments rendent cet excédent beaucoup plus facile à atteindre, parce qu’ils concentrent énormément d’énergie dans un volume relativement petit.
Et c’est justement là que beaucoup de personnes se font avoir. « Pourtant, je ne mange pas énormément. » Et parfois, c’est vrai : le problème n’est pas toujours que votre assiette est trop grosse. Elle peut simplement être beaucoup plus énergétique que ce que vous imaginez.
Ce que l'on regarde vraiment chez Renai'Sens quand vous ne perdez pas de poids
Lorsqu’une personne ne perd pas de poids, notre première réaction n’est pas forcément « mangez moins ». On cherche plutôt à comprendre :
- Qu’est-ce que vous mangez ?
- À quelle fréquence ?
- Dans quelles quantités ?
- Et où se cachent les apports que vous sous-estimez ?
Parce qu’il y a une énorme différence entre apprendre à manger moins et apprendre à mieux composer son alimentation.
Envie d’y voir plus clair sur vos propres habitudes ?
En résumé
La prochaine fois que votre diététicienne ou nutritionniste vous demande combien de fois vous avez mangé de la viande grasse cette semaine, et que vous êtes sur le point de répondre « aucune », repensez à vos saucisses. Elles savent très bien se faire oublier.